Exploitation des Népalais au Qatar, où en est

Exploitation des Népalais au Qatar, où en est

Exploitation des Népalais au Qatar, où en est

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Jeudi 2 décembre 2010, les coupes du monde de football 2018 et 2022 sont attribuées respectivement à la Russie et au Qatar. Alors que l’organisation en Russie, par ses infrastructures déjà présentes m

Jeudi 2 décembre 2010, les coupes du monde de football 2018 et 2022 sont attribuées respectivement à la Russie et au Qatar. Alors que l’organisation en Russie, par ses infrastructures déjà présentes mais également pour sa culture du football peuvent justifier cette attribution, l’organisation au Qatar fait rapidement l’objet de polémiques pour des faits de corruption, des problèmes de calendrier et enfin d’abus salariaux.

Une mort silencieuse 

Dès 2013, l’ONG Human Right Watch dénonce de graves problèmes d’exploitation ouvrière. La presse internationale enquête sur les conditions abominables des travailleurs étrangers et plus précisément des travailleurs en provenance d’Asie. 550.000 indiens, 400.000 Népalais, 200.000 philippins : les étrangers représentent 94% de la population du Qatar dont 16% sont népalais. Le New York Times évoque 1200 morts : travail forcé sous 50°C, confiscation du passeport, refus d’accès à l’eau potable, violation multiple des normes internationales en matière de droit des travailleurs ou encore conditions sanitaires déplorables. En 2015, le Washington Post évoque 4000 décès. Chiffre tout de suite démenti par les autorités de la Pétromonarchie. En 2018, Amnesty International mentionne une amélioration des conditions de travail même s’il reste beaucoup d’efforts à réaliser. A l’inverse un rapport commandé par le comité organisateur signale la poursuite de l’esclavage moderne avec des horaires dépassants les 14 heures par jour sans jour de repos. Une enquête gouvernementale a finalement été engagée et conclura que la quasi-totalité des migrants décèdent de « causes naturelles ». Surprenant lorsqu’on sait que la plupart d’entre eux n’ont même pas 25 ans.

Le Gouvernement népalais, une part de responsabilité ?

Après les scandales, le gouvernement népalais ne semble pas faire le poids face à la puissance de l’Etat pétrolier. Tout d’abord économiquement, le Népal dépend beaucoup du Qatar. Près de 22% du PIB népalais provient des entrées d’argent en provenance de sa diaspora extrêmement importante dans les pays du golfe. Le Népal ferme donc les yeux. Seulement, le gouvernement n’est pas le seul responsable, il y a également les agences de recrutement et les intermédiaires népalais qui agissent comme des mafias. Conscients des difficultés que leurs compatriotes vont subir, ils les envoient par centaine tous les jours depuis l’aéroport de Katmandou. Souvent très pauvres, ils obtiennent des prêts à des taux exorbitants pour payer le billet d’avion et, font face à de nombreux intermédiaires qui prennent des commissions plus que confortables.  On leur promet un bon salaire mais arrivés à Doha, ils sont souvent deux fois moins payés que prévu, avec un délai de versement supérieur à 6 mois.   A en croire le journal mexicain RECORD, l’attribution du Qatar comme pays hôte pourrait bien être annulée. La situation géopolitique de la région, et les divers faits avérés de corruption et « d’esclavagisme moderne » sont les causes appuyées par RECORD. D’ici 2022, si la FIFA ou encore la communauté internationale ne fait pas pression sur Doha, c’est encore des centaines de migrants népalais et asiatiques qui paieront le prix de la démesure.

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Questions fréquentes

Les chiffres varient selon les sources : le New York Times évoquait 1 200 morts dès les premières années de construction, tandis que le Washington Post mentionnait 4 000 décès en 2015. Les autorités qataries ont démenti ces chiffres, concluant via une enquête officielle que la quasi-totalité des décès étaient dus à des 'causes naturelles', une conclusion très critiquée par les ONG.

La kafala est un système de parrainage en vigueur dans les pays du Golfe qui lie légalement un travailleur migrant à son employeur. Concrètement, le travailleur ne peut ni changer d'emploi ni quitter le pays sans l'autorisation de son 'parrain'. Ce système est régulièrement dénoncé par les organisations de droits humains comme une forme d'esclavage moderne, car il prive les travailleurs de toute liberté de mouvement et les expose aux abus.

Le Népal est fortement dépendant économiquement des transferts d'argent envoyés par sa diaspora dans les pays du Golfe, représentant environ 22 % de son PIB. Cette dépendance économique pousse le gouvernement à fermer les yeux sur les conditions de travail abusives subies par ses ressortissants. Par ailleurs, des agences de recrutement locales jouent un rôle clé dans l'envoi de migrants, souvent sans les informer honnêtement des conditions réelles qui les attendent.

La FIFA a été soumise à de fortes pressions de la part d'ONG et de la communauté internationale pour agir face aux violations des droits humains au Qatar. Des engagements ont été pris par les autorités qataries et la FIFA concernant l'amélioration des conditions de travail, mais les organisations comme Amnesty International continuent de pointer des insuffisances majeures dans l'application de ces réformes.

Les travailleurs migrants népalais au Qatar font face à des conditions extrêmement difficiles : travail sous des températures pouvant dépasser 50°C, horaires dépassant 14 heures par jour sans jour de repos, confiscation du passeport, retards de paiement de plusieurs mois, refus d'accès à l'eau potable et conditions sanitaires déplorables. Ces faits ont été documentés par Human Rights Watch, Amnesty International et plusieurs grands médias internationaux.

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