Élections locales au Népal

Ce dimanche 14 mai se déroulait la première phase des élections locales. C’est un évènement historique pour le Népal, puisqu’elles n’avaient pas eu lieu depuis 20 ans. Aujourd’hui, le peuple népalais est prêt à tourner la page sur les 10 années de guerre civile qui auront fait tomber la monarchie hindouiste au pouvoir depuis des centaines d’années. Ces élections sont vues comme une étape majeure dans le développement de la démocratie de cette république fédérale.

Des élections importantes

 

Depuis 2002, pendant la révolution, aucun représentant local n’avait été élu au Népal. Depuis, des bureaucrates se succédaient à ces postes, œuvrant pour eux-mêmes ou leurs partis avant les citoyens. Les services publics n’ont donc pas pu suivre le mouvement, et ont pris un vaste retard. Les transports, la santé, l’administration ou même l’éducation stagnent et rendent la vie difficile dans ce pays.

Mais grâce à la nouvelle constitution, une plus grande liberté d’action est donnée aux gouvernements locaux, notamment dans la gestion des fonds qui leurs sont alloués. Des experts s’accordent à dire que des représentants élus seront plus à même de remplir leurs missions et de sortir de ce système de corruption en place depuis dix ans. Les habitants ont bon espoir que les choses iront en s’arrangeant, et que la corruption diminuera.

Des mesures étonnantes

 

Certaines règles peuvent paraître vraiment étranges. Par exemple, un locataire sur Katmandou ne peut pas voter à Katmandou. Il doit voter sur son lieu de résidence, c’est-à-dire là où il possède des terres. Ainsi, environ 2 240 000 personnes ont quitté la ville ce week-end pour rejoindre leurs villages natals.

Les 878 personnes se présentant à l’élection de Katmandou ont toutes leur nom sur un unique bulletin de vote. Lors du vote, les électeurs choisissent un maire et 4 élus. Parmi ces 4 élus doivent se trouver au moins deux femmes, et parmi ces deux femmes au moins une doit être de la caste “Dalit”, dont les membres sont surnommés “les intouchables”.

Mais la mesure la plus étonnante est sans doute l’impossibilité de circuler sans un permis spécial le jour de l’élection. Katmandou s’est alors plongée dans une sorte de léthargie, vidée de toute son énergie et de ses bruits de moteurs incessants. Il était alors possible de marcher au centre de la route, ce qui en temps normal est impossible, ou du moins très dangereux. Les routes défoncées et la poussière retombée au sol ont offert une vision digne d’un roman post-apocalyptique. Par ce que les images valent parfois mieux que les mots, voici une illustration Avant/Après.

différence de circulation lors des élections locales de Katmandou
Une journée d’importance pour tous les népalais, qui ont voté pour la première fois pour l’avenir de leur pays. Reste maintenant aux élus de tenir leur part du marché et d’œuvrer pour l’amélioration des conditions de vie au Népal.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *